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11 juill. 2026

Blocage des canaux calciques versus blocage bêta dans l'hypertension et l'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée

Un essai croisé randomisé

Hypertension

Essai croisé randomisé en double aveugle mené auprès de 50 adultes atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection préservée (ICFEP) et d'hypertension, ayant reçu dans un ordre aléatoire pendant 4 semaines de l'amlodipine 5-10 mg et pendant 4 semaines du succinate de métoprolol 100-200 mg (doses antihypertensives équipotentielles). L'âge moyen était de 72 ans, 68 % des patients étaient des femmes, 66 % étaient de race noire, la pression artérielle (PA) de base était de 144/78 mm Hg et 46 % étaient déjà sous bêtabloquants. Par rapport au métoprolol, l'amlodipine a entraîné une PA systolique domiciliaire significativement plus basse (-4 mm Hg ; IC 95 % -7 à -1 ; p=0,017), une consommation maximale d'oxygène pendant l'exercice plus élevée (+1,2 mL/min/kg ; p=0,008), une activité physique plus élevée (+0,1 MET-h/jour ; p=0,019) et un taux de NT-proBNP plus bas (-200 pg/mL ; p<0,0001). Aucune différence n'a été observée pour le rapport E/e' septal, la déformation myocardique ou la réserve vasodilatatrice systémique. Les événements indésirables étaient comparables. Ces résultats soutiennent l'utilisation des bloqueurs des canaux calciques dihydropyridiniques comme alternative privilégiée aux bêtabloquants pour la prise en charge de l'hypertension dans l'ICFEP.

Résumé

CONTEXTE : L’hypertension est présente chez 90 % des personnes atteintes d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection préservée (IC-FEP) et constitue un facteur de risque modifiable majeur du développement de l’IC-FEP. Toutefois, les données issues d’essais contrôlés randomisés (ECR) concernant la prise en charge de l’hypertension dans l’IC-FEP sont limitées.

MÉTHODES : Dans le cadre d’un essai croisé, randomisé et en double aveugle, nous avons étudié l’effet de l’amlodipine (5 à 10 mg) par rapport au succinate de métoprolol (100 à 200 mg) – des doses ayant démontré précédemment une efficacité antihypertensive comparable – pendant 4 semaines chez des adultes atteints d’IC-FEP et d’hypertension, sans contre-indication à l’administration ou à l’interruption de l’un ou l’autre des médicaments. Le critère de jugement principal était la différence de pression artérielle systolique moyenne à domicile au cours de la dernière semaine de chaque traitement.

RÉSULTATS : L’âge moyen des 50 participants inclus était de 72 ± 9 ans, 34 (68 %) étaient des femmes, 33 (66 %) appartenaient à la race noire, la pression artérielle moyenne était de 144 ± 15/78 ± 9 mm Hg et 23 (46 %) recevaient des bêta-bloquants avant l’inclusion. Par rapport au métoprolol, la pression artérielle systolique était inférieure de 4 mm Hg (IC à 95 %, −7 à −1 ; P = 0,017) avec l’amlodipine. De plus, la consommation maximale d’oxygène pendant l’exercice était supérieure de 1,2 mL/min par kg (IC à 95 %, 0,3–2,0 ; P = 0,008), l’activité physique était supérieure de 0,1 équivalents métaboliques de tâche par jour (IC à 95 %, 0,01–0,1 ; P = 0,019) et les taux de NT-proBNP (pro-peptide natriurétique de type B N-terminal) étaient inférieurs de 200 pg/mL (IC à 95 %, −291 à −109 ; P < 0,0001) avec l’amlodipine par rapport au métoprolol. Il n’y avait aucune différence significative concernant le rapport E/e′ septal, la déformation myocardique ou la réserve vasodilatatrice systémique. La fréquence et la gravité des événements indésirables étaient similaires entre les traitements.

CONCLUSIONS : Nos résultats soutiennent l’utilisation des bloqueurs des canaux calciques dihydropyridiniques comme alternative préférée aux bêta-bloquants pour la prise en charge de l’hypertension dans l’IC-FEP.

INSCRIPTION : URL : https://www.clinicaltrials.gov ; Identifiant unique : NCT04434664.