Les survivants d’un cancer présentent un risque d’insuffisance cardiaque (IC), en partie lié aux traitements anticancéreux antérieurs, mais les prédicteurs précoces sont rares. Une inflammation chronique de bas grade a été associée à la fois au cancer et à l’insuffisance cardiaque. Dans cette analyse de la UK Biobank (20 244 participants atteints d’un cancer au début de l’étude, âge moyen 60 ans), 2,0 % ont développé une insuffisance cardiaque au cours d’un suivi médian de 10,5 ans. Après ajustement pour les facteurs sociodémographiques, le mode de vie et les facteurs cliniques, une protéine C-réactive (CRP) supérieure à 2 mg/L était associée à un risque d’insuffisance cardiaque accru de 53 % (HR ajusté 1,53). Les analyses par sous-groupes ont confirmé cette tendance, qui était la plus marquée chez les survivants d’une tumeur cutanée maligne. Un marqueur inflammatoire simple pourrait donc aider à identifier les survivants d’un cancer présentant un risque élevé d’insuffisance cardiaque ; des recherches futures devraient déterminer si la réduction de l’inflammation diminue ce risque.
Les survivants d’un cancer sont souvent confrontés au risque de développer une insuffisance cardiaque (IC) en raison de leur traitement anticancéreux antérieur. Toutefois, la disponibilité de prédicteurs précoces de telles complications reste limitée. Des études récentes ont mis en évidence le lien potentiel entre l’inflammation chronique de bas grade et le développement à la fois du cancer et de l’IC. Malgré ces connaissances, il existe un manque de recherches spécifiquement axées sur l’association entre la protéine C-réactive (CRP) et le risque d’IC chez les survivants d’un cancer. Cette étude vise à analyser cette association.
Dans cette étude, nous avons analysé les données de la UK Biobank, incluant 20 244 participants (7 108 hommes), d’âge moyen de 60 ans, ayant présenté un cancer au moment de l’inclusion. Le critère de jugement principal de l’étude était l’incidence d’une IC. Une régression des risques compétitifs avec des modèles de Cox à hasards proportionnels a été réalisée pour estimer l’association entre les niveaux de CRP et le risque d’IC incidente chez les survivants d’un cancer.
Au total, 401 survivants d’un cancer (2,0 pour 100) ont présenté un événement d’IC au cours d’une période médiane de suivi de 10,5 ± 1,2 ans. L’analyse de régression des risques compétitifs, ajustée pour les variables sociodémographiques, le mode de vie et les variables cliniques, a révélé qu’une CRP > 2 mg/L était associée à une augmentation de 53 % du risque d’IC incidente chez les survivants d’un cancer (sHR 1,53, IC 95 % 1,24 à 1,88, p < 0,001). Les analyses de sous-groupes ont validé la tendance constante de l’inflammation chronique de bas grade à augmenter le risque d’IC chez les survivants d’un cancer. Par ailleurs, les analyses stratifiées selon le type de cancer ont indiqué que l’association entre l’inflammation et le risque d’IC était la plus marquée chez les survivants de malignités cutanées.
Cette étude apporte des informations importantes sur la relation entre les niveaux de CRP et le risque d’IC incidente chez les survivants d’un cancer. Des recherches futures devraient examiner si des interventions ciblant la réduction de l’inflammation pourraient potentiellement diminuer le risque d’IC chez les survivants d’un cancer.