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12 janv. 2023

Progression de la fibrillation auriculaire après cryoablation ou traitement médicamenteux.

Jason G Andrade, Marc W Deyell, Laurent Macle et al. - The New England journal of medicine

Les résultats à 2 ans d'EARLY-AF ont montré que le traitement initial par cryoablation non seulement maintenait un meilleur contrôle du rythme, mais réduisait également de manière significative la progression de la fibrillation auriculaire paroxystique vers la forme persistante par rapport aux antiarythmiques. Cet effet modificateur de la maladie a renforcé les arguments en faveur d'une intervention d'ablation précoce.

Contexte

La fibrillation auriculaire est un trouble chronique et progressif, et les formes persistantes de fibrillation auriculaire sont associées à des risques accrus de thromboembolie et d'insuffisance cardiaque. L'ablation par cathéter en tant que traitement initial peut modifier le mécanisme pathogénique de la fibrillation auriculaire et altérer la progression vers une fibrillation auriculaire persistante.

Méthodes

Nous rapportons le suivi à 3 ans de patients atteints de fibrillation auriculaire paroxystique non traitée qui avaient été inclus dans un essai dans lequel ils avaient été randomisés soit vers un traitement initial de contrôle du rythme par cryoablation par ballonnet, soit vers un traitement médicamenteux antiarythmique. Tous les patients avaient reçu un enregistreur en boucle implantable au moment de leur inclusion dans l'essai, et l'évaluation a été réalisée au moyen d'enregistrements quotidiens téléchargés et de visites en personne tous les 6 mois. Des données concernant le premier épisode de fibrillation auriculaire persistante (durant ≥7 jours ou durant 48 heures à 7 jours mais nécessitant une cardioversion pour y mettre fin), la tachyarythmie auriculaire récurrente (définie comme une fibrillation auriculaire, un flutter, ou une tachycardie durant ≥30 secondes), la charge de fibrillation auriculaire (pourcentage de temps en fibrillation auriculaire), les mesures de qualité de vie, l'utilisation des soins de santé, et la sécurité ont été recueillies.

Résultats

Au total, 303 patients ont été inclus, dont 154 patients assignés à recevoir un traitement initial de contrôle du rythme par cryoablation par ballonnet et 149 assignés à recevoir un traitement médicamenteux antiarythmique. Au cours de 36 mois de suivi, 3 patients (1,9 %) du groupe ablation ont présenté un épisode de fibrillation auriculaire persistante, contre 11 patients (7,4 %) du groupe antiarythmiques (rapport des risques instantanés, 0,25 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,09 à 0,70). Une tachyarythmie auriculaire récurrente est survenue chez 87 patients du groupe ablation (56,5 %) et chez 115 du groupe antiarythmiques (77,2 %) (rapport des risques instantanés, 0,51 ; IC à 95 %, 0,38 à 0,67). Le pourcentage médian de temps en fibrillation auriculaire était de 0,00 % (écart interquartile, 0,00 à 0,12) dans le groupe ablation et de 0,24 % (écart interquartile, 0,01 à 0,94) dans le groupe antiarythmiques. À 3 ans, 8 patients (5,2 %) du groupe ablation et 25 (16,8 %) du groupe antiarythmiques avaient été hospitalisés (risque relatif, 0,31 ; IC à 95 %, 0,14 à 0,66). Des événements indésirables graves sont survenus chez 7 patients (4,5 %) du groupe ablation et chez 15 (10,1 %) du groupe antiarythmiques.

Conclusions

Le traitement initial de la fibrillation auriculaire paroxystique par cryoablation par ballonnet a été associé à une incidence plus faible de fibrillation auriculaire persistante ou de tachyarythmie auriculaire récurrente sur 3 ans de suivi que l'utilisation initiale d'antiarythmiques. (Financé par le Cardiac Arrhythmia Network of Canada et d'autres ; numéro ClinicalTrials.gov d'EARLY-AF, NCT02825979.)