Cette méta-analyse de NOAH-AFNET 6 et ARTESIA a montré que les AOD réduisent modestement l'AVC chez les patients présentant une FA infraclinique détectée par dispositif, mais augmentent significativement les saignements. Les données regroupées suggèrent que l'anticoagulation pourrait n'être justifiée que chez des patients sélectionnés à haut risque présentant une FA infraclinique.
La fibrillation auriculaire détectée par dispositif (également connue sous le nom de fibrillation auriculaire infraclinique ou épisodes auriculaires à haute fréquence) est une constatation fréquente chez les patients porteurs d'un dispositif cardiaque de rythme implanté et est associée à un risque accru d'AVC ischémique. On ne sait pas clairement si l'anticoagulation orale est efficace et sûre dans cette population de patients.
Nous avons réalisé une revue systématique de MEDLINE et Embase pour des essais randomisés comparant l'anticoagulation orale à un traitement antiplaquettaire ou à l'absence de traitement antithrombotique chez des adultes présentant une fibrillation auriculaire détectée par dispositif, enregistrée par un stimulateur cardiaque, un défibrillateur automatique implantable, un dispositif de thérapie de resynchronisation cardiaque, ou un moniteur cardiaque implanté. Nous avons utilisé des modèles à effets aléatoires pour la méta-analyse et évalué la qualité des données à l'aide du cadre Grading of Recommendations Assessment, Development and Evaluation (GRADE). La revue a été préenregistrée (PROSPERO CRD42023463212).
Sur 785 citations, nous avons identifié 2 essais randomisés avec des données de résultats cliniques pertinentes : NOAH-AFNET 6 (Non-Vitamin K Antagonist Oral Anticoagulants in Patients With Atrial High Rate Episodes ; 2536 participants) a évalué l'édoxaban, et ARTESiA (Apixaban for the Reduction of Thrombo-Embolism in Patients With Device-Detected Sub-Clinical Atrial Fibrillation ; 4012 participants) a évalué l'apixaban. La méta-analyse a démontré que l'anticoagulation orale avec ces agents réduisait l'AVC ischémique (risque relatif [RR], 0,68 [IC à 95 %, 0,50-0,92] ; données de haute qualité). Les résultats des 2 essais étaient cohérents (statistique I² pour l'hétérogénéité=0 %). L'anticoagulation orale a également réduit un critère composite de décès cardiovasculaire, d'AVC toutes causes confondues, d'embolie artérielle périphérique, d'infarctus du myocarde, ou d'embolie pulmonaire (RR, 0,85 [IC à 95 %, 0,73-0,99] ; I²=0 % ; données de qualité modérée). Il n'y avait pas de réduction du décès cardiovasculaire (RR, 0,95 [IC à 95 %, 0,76-1,17] ; I²=0 % ; données de qualité modérée) ni de la mortalité toutes causes confondues (RR, 1,08 [IC à 95 %, 0,96-1,21] ; I²=0 % ; données de qualité modérée). L'anticoagulation orale a augmenté les hémorragies majeures (RR, 1,62 [IC à 95 %, 1,05-2,50] ; I²=61 % ; données de haute qualité).
Les résultats des essais NOAH-AFNET 6 et ARTESiA sont cohérents entre eux. La méta-analyse de ces 2 grands essais randomisés fournit des données de haute qualité indiquant que l'anticoagulation orale par édoxaban ou apixaban réduit le risque d'AVC chez les patients présentant une fibrillation auriculaire détectée par dispositif et augmente le risque d'hémorragie majeure.