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5 août 2025

Abelacimab versus rivaroxaban chez des patients atteints de fibrillation auriculaire sous traitement antiplaquettaire

Une analyse prédéfinie de l'essai AZALEA-TIMI 71.

Samer Al Said, Siddharth M Patel, Robert P Giugliano et al. - Circulation

Cette sous-analyse d'AZALEA-TIMI 71 a confirmé que l'abelacimab entraîne moins de saignements que le rivaroxaban, même chez les patients atteints de FA sous traitement antiplaquettaire concomitant, le scénario à plus haut risque hémorragique pour l'anticoagulation.

Contexte

L'association d'un traitement antiplaquettaire (APT) à des anticoagulants conventionnels augmente le risque de saignement. Dans l'essai AZALEA-TIMI 71 (Safety and Tolerability of Abelacimab [MAA868] vs Rivaroxaban in Patients With Atrial Fibrillation), le nouvel inhibiteur du facteur XI, l'abelacimab, a réduit significativement le risque de saignement par rapport au rivaroxaban chez des patients atteints de fibrillation auriculaire. La question de savoir si la sécurité d'un traitement antithrombotique combiné diffère dans le contexte de l'inhibition du facteur XI n'a pas été bien caractérisée.

Méthodes

Cette analyse prédéfinie d'AZALEA-TIMI 71, qui a randomisé les patients entre mars et décembre 2021 vers l'une de 2 doses sous-cutanées mensuelles d'abelacimab (90 ou 150 mg) ou le rivaroxaban oral (20 mg par jour, dose réduite à 15 mg chez les patients avec une clairance de la créatinine ≤50 ml/min), a stratifié les patients selon l'utilisation prévue d'un APT concomitant. Le critère de jugement composite principal de saignement majeur ou non majeur cliniquement pertinent et d'autres résultats de sécurité et d'efficacité ont été examinés selon l'APT concomitant et le traitement randomisé.

Résultats

Sur 1287 patients (44 % de femmes ; âge médian 74 ans [intervalle interquartile, 69-78]), 318 (24,7 %) recevaient un APT à l'inclusion avec poursuite prévue (15,5 % aspirine seule, 7,5 % inhibiteur du P2Y12 seul, et 1,6 % APT double). Dans le bras rivaroxaban, le taux de saignement majeur ou non majeur cliniquement pertinent était de 10,6 pour 100 patients-années avec APT concomitant contre 7,7 pour 100 patients-années sans. Dans les bras abelacimab, les taux étaient de 2,5 et 3,5 pour 100 patients-années pour les doses de 90 mg et 150 mg, respectivement, avec APT concomitant et de 2,7 et 3,1 pour 100 patients-années sans. Chaque dose d'abelacimab a réduit significativement le saignement majeur ou non majeur cliniquement pertinent par rapport au rivaroxaban, à la fois chez les patients avec APT concomitant (rapport des risques instantanés ajusté, 0,26 [IC à 95 %, 0,10-0,70] et 0,30 [IC à 95 %, 0,12-0,74] pour 90 mg et 150 mg d'abelacimab, respectivement, versus rivaroxaban) et chez ceux sans APT concomitant (rapport des risques instantanés ajusté, 0,34 [IC à 95 %, 0,19-0,60] et 0,40 [IC à 95 %, 0,23-0,68] pour 90 mg et 150 mg d'abelacimab, respectivement ; p d'interaction = 0,56 et 0,60, respectivement). Les patients avec APT concomitant ont eu tendance à obtenir de plus grandes réductions absolues du risque avec l'abelacimab (8,1 et 7,1 pour 90 mg et 150 mg d'abelacimab, respectivement, versus rivaroxaban) que ceux sans APT concomitant (5,0 et 4,6, respectivement).

Conclusions

L'inhibition du facteur XI par l'abelacimab a réduit de façon constante le saignement par rapport au rivaroxaban, indépendamment de l'utilisation concomitante d'un APT, avec des réductions absolues plus importantes du saignement chez ceux nécessitant un APT concomitant. Ces données suggèrent que l'inhibition du facteur XI pourrait constituer une option anticoagulante sûre chez les patients atteints de fibrillation auriculaire nécessitant un APT concomitant. ENREGISTREMENT : URL : https://www.clinicaltrials.gov ; identifiant unique : NCT04755283.