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13 sept. 2025

Bêtabloquants après infarctus du myocarde avec fraction d'éjection légèrement réduite

une méta-analyse des données individuelles des patients d'essais contrôlés randomisés.

Xavier Rossello, Eva Irene Bossano Prescott, Anna Meta Dyrvig Kristensen et al. - Lancet (London, England)

Cette méta-analyse des données individuelles des patients a examiné les bêtabloquants après un IDM avec fraction d'éjection légèrement réduite (40-49 %), une zone grise entre la FE préservée et réduite. Les données suggèrent un bénéfice modeste dans ce sous-groupe, éclairant la décision nuancée concernant la poursuite des bêtabloquants.

Contexte

Les effets du traitement par bêtabloquants sur les résultats cliniques chez des patients présentant un infarctus du myocarde et une fraction d'éjection ventriculaire gauche (FEVG) légèrement réduite (40-49 %) sont largement inconnus. Quatre essais randomisés récemment menés ont évalué l'efficacité des bêtabloquants après un infarctus du myocarde récent chez des patients sans FEVG réduite (FEVG ≥40 %). Cependant, aucun n'avait individuellement la puissance statistique pour évaluer ces effets dans le sous-groupe de patients ayant une FEVG légèrement réduite. Notre objectif était d'évaluer l'efficacité des bêtabloquants chez des patients présentant un infarctus du myocarde et une FEVG légèrement réduite pendant l'hospitalisation index.

Méthodes

Nous avons réalisé une méta-analyse au niveau des patients individuels de patients ayant une FEVG légèrement réduite et sans antécédents ni signes d'insuffisance cardiaque, issus de quatre essais cliniques récents. Ces études ont été incluses car il s'agissait d'essais contrôlés randomisés évaluant les effets à long terme (suivi médian >1 an) d'un traitement oral par bêtabloquants chez des patients ayant récemment présenté un infarctus du myocarde (randomisation dans les 14 jours) et ayant une FEVG légèrement réduite. Aucune autre étude n'a été trouvée dans une revue systématique (du 1er janvier 2020 au 26 juin 2025). Un modèle de régression à risques proportionnels de Cox à effets fixes en une étape a été utilisé pour évaluer l'effet du traitement par bêtabloquants sur le critère de jugement composite principal prédéfini de décès toutes causes confondues, nouvel infarctus du myocarde, ou insuffisance cardiaque. Tous les critères de jugement ont été jugés de façon indépendante. Cette méta-analyse a été enregistrée auprès de PROSPERO (CRD420251023480).

Résultats

1885 patients présentant un infarctus du myocarde et une FEVG légèrement réduite ont été inclus dans la méta-analyse : 979 de l'essai REBOOT, 422 de l'essai BETAMI, 430 de l'essai DANBLOCK, et 54 de l'essai CAPITAL-RCT. Au total, 991 patients ont été assignés aux bêtabloquants et 894 au contrôle (sans bêtabloquants). Le critère de jugement composite principal est survenu chez 106 patients (32,6 événements pour 1000 patients-années) dans le groupe bêtabloquants et chez 129 patients (43,0 pour 1000 patients-années) dans le groupe sans bêtabloquants (rapport des risques instantanés 0,75 [IC à 95 % 0,58-0,97] ; p=0,031). Aucune hétérogénéité entre les essais (p d'interaction essai-traitement=0,95) ni entre les pays d'inclusion n'a été observée (p d'interaction=0,98).

Conclusions

Chez les patients présentant un infarctus du myocarde aigu et une FEVG légèrement réduite, sans antécédents ni signes cliniques d'insuffisance cardiaque, le traitement par bêtabloquants était associé à une réduction du composite de décès toutes causes confondues, nouvel infarctus du myocarde, ou insuffisance cardiaque. Ces résultats étendent les bénéfices connus de ces agents chez les patients présentant un infarctus du myocarde avec FEVG réduite au sous-groupe ayant une FEVG légèrement réduite.