Cet essai du NEJM a montré que la digitoxine réduisait l'hospitalisation pour insuffisance cardiaque chez des patients atteints d'HFrEF recevant un traitement médical contemporain guidé par les recommandations. Ce résultat repositionne les glycosides cardiaques comme un complément utile à l'ère moderne du traitement quadruple de l'insuffisance cardiaque.
L'efficacité thérapeutique du glycoside cardiaque digitoxine chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite n'est pas établie.
Dans cet essai international, en double aveugle et contrôlé par placebo, nous avons réparti de façon aléatoire des patients atteints d'insuffisance cardiaque chronique ayant une fraction d'éjection ventriculaire gauche de 40 % ou moins et une classe fonctionnelle III ou IV de la New York Heart Association (NYHA), ou une fraction d'éjection ventriculaire gauche de 30 % ou moins et une classe fonctionnelle II de la NYHA, selon un ratio 1:1, pour recevoir de la digitoxine (à une dose initiale de 0,07 mg une fois par jour) ou un placebo assorti, en complément d'un traitement médical guidé par les recommandations. Le critère de jugement principal était un composite de décès toutes causes confondues ou d'hospitalisation pour aggravation de l'insuffisance cardiaque, selon l'événement survenant en premier.
Parmi les 1240 patients randomisés, 1212 répondaient aux critères d'inclusion dans la population en intention de traiter modifiée : 613 patients dans le groupe digitoxine et 599 dans le groupe placebo. Sur un suivi médian de 36 mois, un événement du critère de jugement principal est survenu chez 242 patients (39,5 %) du groupe digitoxine et 264 (44,1 %) du groupe placebo (rapport des risques instantanés pour le décès ou la première hospitalisation pour aggravation de l'insuffisance cardiaque, 0,82 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,69 à 0,98 ; p = 0,03). Un décès toutes causes confondues est survenu chez 167 patients (27,2 %) du groupe digitoxine et 177 (29,5 %) du groupe placebo (rapport des risques instantanés, 0,86 ; IC à 95 %, 0,69 à 1,07). Une première hospitalisation pour aggravation de l'insuffisance cardiaque est survenue chez 172 patients (28,1 %) du groupe digitoxine et 182 (30,4 %) du groupe placebo (rapport des risques instantanés, 0,85 ; IC à 95 %, 0,69 à 1,05). Au moins un événement indésirable grave est survenu chez 29 patients (4,7 %) du groupe digitoxine et 17 (2,8 %) du groupe placebo.
Le traitement par digitoxine a entraîné un risque combiné plus faible de décès toutes causes confondues ou d'hospitalisation pour aggravation de l'insuffisance cardiaque que le placebo chez les patients atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite ayant reçu un traitement médical guidé par les recommandations. (Financé par le German Federal Ministry of Research, Technology, and Space et d'autres organismes ; numéro EudraCT de DIGIT-HF, 2013-005326-38.).