EN Menu

5 mai 2026

Différences sexuelles dans le traitement pharmacologique de l'insuffisance cardiaque

une méta-analyse d'essais randomisés.

Marte F van der Bijl, Niels T B Scholte, Julie A E van Oortmerssen et al. - European heart journal

Une méta-analyse de 139 essais contrôlés randomisés sur l'insuffisance cardiaque (292 027 patients, 28,1 % de femmes) a testé si l'efficacité pharmacologique diffère selon le sexe. Parmi les 78 essais rapportant des résultats stratifiés par sexe, l'effet sur le critère d'évaluation principal était identique chez les femmes et les hommes (delta ln[REM] 0,00 ; IC 95 % −0,04 à 0,03), et la méta-régression n'a trouvé aucune association entre la proportion de femmes incluses et l'effet du traitement. Il est donc peu probable que la sous-représentation prolongée des femmes ait masqué des différences sexuelles cliniquement significatives, bien qu'un meilleur équilibre entre les genres dans les essais sur l'insuffisance cardiaque reste essentiel sur le plan éthique et social.

Méthodes

Une recherche systématique a été menée jusqu’au 21 mars 2025, incluant des essais contrôlés randomisés (ECR) (≥100 patients) évaluant les traitements pharmacologiques de l’insuffisance cardiaque (IC) par rapport à un placebo ou aux soins habituels, avec les événements cliniques comme critère de jugement principal. Les différences entre les sexes concernant le critère de jugement principal ont été évaluées à l’aide d’une méta-analyse à effets aléatoires des mesures d’effet relatif (MER) rapportées et des estimations groupées. Pour les critères de jugement cliniques clés, des analyses de méta-régression ont été réalisées pour examiner l’association entre la proportion de femmes incluses et les différences entre les sexes dans les MER, ainsi que les MER globales sans distinction de sexe.

Résultats

Sur 5749 publications dépistées, 139 ECR répondaient aux critères d’inclusion, avec 292 027 patients (28,1 % de femmes). Sur la base de 78 ECR ayant rapporté des effets du traitement stratifiés selon le sexe, l’analyse groupée n’a montré aucune différence d’efficacité du traitement entre les femmes et les hommes (delta ln[MER] 0,00 ; intervalle de confiance à 95 % (IC) -0,04 à 0,03 ; P = ,85 ; I2 = 4,1 %). La méta-régression n’a trouvé aucune association entre la proportion de femmes et les différences entre les sexes dans les MER (78 ECR, P = ,25), l’efficacité globale (139 ECR, P = ,24) ou d’autres critères de jugement cliniques.

Conclusions

Ces résultats suggèrent que l’efficacité pharmacologique dans l’IC ne diffère pas selon le sexe et que la sous-représentation historique des femmes dans les essais est peu susceptible d’avoir masqué des différences importantes entre les sexes. Néanmoins, l’amélioration de l’équilibre entre les sexes dans les essais sur l’IC reste essentielle pour des raisons sociétales et éthiques.