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9 août 2022

Baisse initiale (dip) du débit de filtration glomérulaire estimé après l'instauration de la dapagliflozine chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite

Enseignements tirés de DAPA-HF.

Carly Adamson, Kieran F Docherty, Hiddo J L Heerspink et al. - Circulation

Cette analyse post hoc de DAPA-HF a montré que la baisse initiale du DFGe (dip), fréquemment observée après l'instauration de la dapagliflozine, n'est pas associée à de moins bons résultats cliniques et est suivie d'un ralentissement du taux de déclin de la fonction rénale à long terme. Ce constat a rassuré quant aux effets rénaux hémodynamiques des inhibiteurs du SGLT2.

Contexte

Dans une analyse post hoc, la fréquence de survenue d'une baisse précoce (dip) du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) après l'instauration de la dapagliflozine et son association avec les résultats ont été évaluées chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite randomisés dans l'essai Dapagliflozin and Prevention of Adverse Outcomes in Heart Failure.

Méthodes

Des patients atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite, avec ou sans diabète de type 2 et un DFGe ≥30 ml·min-1·1,73 m-2, ont été randomisés pour recevoir un placebo ou de la dapagliflozine 10 mg par jour. Le critère de jugement principal était le composite d'aggravation de l'insuffisance cardiaque ou de décès cardiovasculaire. L'ampleur de la baisse du DFGe entre l'inclusion et 2 semaines, les caractéristiques des patients associées à une baisse >10 %, et les résultats cardiovasculaires et les pentes du DFGe chez les participants présentant cette baisse ont été étudiés. Les critères de délai jusqu'à l'événement ont été évalués par régression de Cox à partir de 14 jours ; les pentes du DFGe ont été évaluées à l'aide de modèles à effets mixtes à mesures répétées.

Résultats

La variation moyenne du DFGe entre le jour 0 et le jour 14 était de -1,1 ml·min-1·1,73 m-2 (IC à 95 %, -1,5 à -0,7) sous placebo et de -4,2 ml·min-1·1,73 m-2 (IC à 95 %, -4,6 à -3,9) sous dapagliflozine, soit une différence entre traitements de 3,1 ml·min-1·1,73 m-2 (IC à 95 %, 2,6-3,7). Les proportions de patients randomisés sous dapagliflozine présentant une baisse du DFGe >10 %, >20 %, et >30 % étaient de 38,2 %, 12,6 %, et 3,4 %, respectivement ; sous placebo, elles étaient de 21,0 %, 6,4 %, et 1,3 %, respectivement. Le rapport des cotes pour une baisse précoce du DFGe >10 % sous dapagliflozine par rapport au placebo était de 2,36 (IC à 95 %, 2,07-2,69 ; p<0,001). Les caractéristiques à l'inclusion associées à une baisse du DFGe >10 % sous dapagliflozine étaient un âge plus avancé, un DFGe plus bas, une fraction d'éjection plus élevée, et un diabète de type 2. Le rapport des risques instantanés pour le critère de jugement principal chez les patients du groupe placebo présentant une baisse du DFGe >10 % par rapport à une baisse ≤10 % était de 1,45 (IC à 95 %, 1,19-1,78). Le rapport des risques instantanés correspondant dans le groupe dapagliflozine était de 0,73 (IC à 95 %, 0,59-0,91 ; p d'interaction<0,001). Une baisse initiale du DFGe >10 % n'était pas associée à une baisse à long terme plus importante du DFGe ni à davantage d'événements indésirables.

Conclusions

La baisse moyenne du DFGe après l'instauration de la dapagliflozine était faible et associée à de meilleurs résultats cliniques par rapport à une baisse similaire sous placebo chez des patients atteints d'insuffisance cardiaque à fraction d'éjection réduite. Les baisses importantes du DFGe étaient peu fréquentes sous dapagliflozine. ENREGISTREMENT : URL : https://www.clinicaltrials.gov ; identifiant unique : NCT03036124.