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29 juin 2026

Embolie coronaire en fibrillation auriculaire

Un phénotype à haut risque distinct avec un risque thromboembolique résiduel malgré l'anticoagulation.

Jinsong Cheng, Hengyi Mao, Minfang Guan et al. - Journal of the American Heart Association

Étude de cohorte rétrospective (Chine, 2014-2023, n=4 777 patients avec infarctus du myocarde aigu) au cours de laquelle l'embolie coronaire (EC) a été diagnostiquée grâce à un processus de validation en trois étapes (critères de Shibata, laboratoire central d'analyse angiographique, adjudication finale). Les patients ont été répartis en trois groupes : EC avec fibrillation auriculaire (FA) (n=78), infarctus du myocarde aigu (IMA) sans EC avec FA (n=205) et IMA sans EC sans FA (n=3 937), avec pondération par chevauchement du score de propension. L'EC représentait 1,6 % de tous les IMA et 14,7 à 27,6 % des IMA liés à la FA. Par rapport aux patients atteints d'IMA sans EC et sans FA, les patients atteints d'EC avec FA présentaient une mortalité toutes causes confondues (HR ajusté 1,77 ; IC 95 % 1,15-2,71) et un risque d'accident vasculaire cérébral ischémique (HR ajusté 4,45 ; IC 95 % 2,34-8,45) significativement plus élevés, malgré le fait que 79,2 % d'entre eux recevaient une anticoagulation thérapeutique. L'EC dans le contexte de la FA constitue donc un phénotype à haut risque sous-estimé, associé à un risque thromboembolique résiduel. Les auteurs préconisent l'imagerie multimodale, une reperfusion ciblée sur l'embolie et l'optimisation de la thérapie antithrombotique, y compris l'utilisation de DOAC à dose standard.

Contexte

L’embolie coronaire (EC) est une cause sous-estimée d’infarctus du myocarde aigu (IMA) chez les patients atteints de fibrillation auriculaire (FA). Les recommandations spécifiques de prise en charge font défaut en raison d’une preuve limitée.

Méthodes

Cette étude de cohorte rétrospective s’est appuyée sur les dossiers de santé électroniques recueillis de manière routinière et sur les données du registre régional des décès provenant d’un hôpital tertiaire en Chine (2014-2023). Parmi les 4777 patients atteints d’IMA, l’EC a été diagnostiquée à l’aide d’un processus de validation en trois étapes : critères de Shibata modifiés, évaluation par un laboratoire central d’angiographie en aveugle et adjudication finale. Les patients ont été répartis en trois groupes : EC avec FA (n=78), IMA sans EC avec FA (n=205) et IMA sans EC sans FA (n=3937). Une pondération par chevauchement basée sur les scores de propension a été utilisée pour équilibrer les covariables de base, et des modèles de Cox proportionnels pondérés avec analyse des risques concurrents ont été appliqués pour les analyses comparatives des résultats.

Résultats

L’EC représentait 1,6 % (IC à 95 %, 1,3 %-2,0 %) de tous les cas d’IMA et était présente chez 14,7 % à 27,6 % des IMA liés à la FA. Par rapport aux patients atteints d’IMA sans EC sans FA, ceux atteints d’EC et de FA présentaient des risques significativement plus élevés de mortalité toutes causes confondues (hazard ratio pondéré par chevauchement [HR], 1,77 [IC à 95 %, 1,15-2,71]) et d’accident vasculaire cérébral ischémique (HR pondéré par chevauchement, 4,45 [IC à 95 %, 2,34-8,45]), bien que 79,2 % aient reçu une anticoagulation thérapeutique.

Conclusions

L’EC compliquant la FA représente un phénotype à haut risque caractérisé par un risque thromboembolique résiduel élevé malgré l’anticoagulation. Une stratégie de prise en charge intégrée est proposée pour des investigations futures, intégrant l’imagerie multimodale, la reperfusion ciblée sur l’embolie et l’optimisation de la thérapie antithrombotique, y compris l’utilisation d’anticoagulants oraux directs à dose standard. INSCRIPTION : URL : https://www.clinicaltrials.gov ; Identifiant unique : NCT06845956.