Étude cas-témoins réalisée au centre hospitalier universitaire de Haukeland (Norvège, 2012-2023) comparant 71 patients présentant une endocardite infectieuse liée à un remplacement valvulaire aortique par cathéter (EIRAC) à 213 témoins appariés pour l'âge et le sexe, sans endocardite infectieuse (ratio 1:3). L'incidence était de 1,2 % par patient-année ; le délai médian entre la RAC et l'infection était de 13 mois (écart interquartile 4-29). Le diabète sucré était le seul prédicteur indépendant d'EIRAC dans l'analyse multivariée en risques concurrents (SHR 2,08 ; IC 95 % 1,19-3,65). L'obésité (27 % vs 15 %) et l'utilisation de valves expansibles (28 % vs 13 %) étaient plus fréquentes chez les patients atteints d'endocardite infectieuse. Enterococcus faecalis était le pathogène le plus fréquent (30 %). L'EIRAC était associée à une mortalité toutes causes confondues environ deux fois plus élevée (aHR 2,13 ; IC 95 % 1,48-3,07), le risque étant le plus élevé dans les infections précoces. Ces résultats peuvent guider une surveillance et une prévention ciblées chez les patients à haut risque.
L'endocardite infective survenant après implantation transcatéthère de valve aortique (EI-TAVI) est une complication rare mais cliniquement dévastatrice. Nous avons cherché à identifier les facteurs de risque d'EI-TAVI et à estimer son association avec la mortalité toutes causes confondues.
Nous avons réalisé une étude cas-témoins incluant des patients ayant subi une TAVI au sein du centre hospitalier universitaire de Haukeland, en Norvège, entre 2012 et 2023. Les patients ayant développé une EI-TAVI (n=71) ont été comparés à des témoins appariés pour l'âge et le sexe, sans endocardite (n=213 ; ratio 1:3). Le décès a été traité comme un événement concurrent dans les analyses concernant l'EI, et nous avons estimé les hazards ratios de distribution subordonnée (SHR) pour l'EI à l'aide d'une régression des risques concurrents de Fine-Gray. Des modèles de régression de Cox, avec l'EI comme covariable dépendante du temps, ont évalué l'impact de l'infection sur la mortalité.
L'incidence de l'EI-TAVI était de 1,2 % par année-patient, avec un délai médian de 13 mois (IQR 4–29) entre la TAVI et l'infection. Dans l'analyse multivariée des risques concurrents, le diabète sucré est resté un prédicteur indépendant d'EI-TAVI (SHR 2,08, IC 95 % 1,19 à 3,65, p=0,010). L'obésité (27 % vs 15 %, p=0,019) et l'utilisation de valves à expansion par ballonnet (28 % vs 13 %, p=0,003) étaient plus fréquemment observées chez les patients atteints d'EI-TAVI. Enterococcus faecalis était le pathogène le plus fréquent (30 %). L'EI-TAVI était associée à une augmentation d'environ deux fois de la mortalité toutes causes confondues (HR ajusté 2,13, IC 95 % 1,48 à 3,07, p<0,001), le risque étant le plus élevé dans les infections précoces.
L'EI-TAVI est une complication rare mais sévère, associée à une surmortalité. Le diabète sucré était le principal facteur de risque indépendant et E. faecalis le pathogène prédominant. Ces résultats peuvent aider à cibler la surveillance et la prévention chez les patients présentant le risque le plus élevé.