L'essai CONDI-2/ERIC-PPCI a montré de manière définitive que le conditionnement ischémique à distance appliqué au bras avant une PCI primaire pour STEMI n'améliorait pas les critères cliniques à 12 mois. Ce résultat négatif, large et multicentrique, a mis fin à la poursuite clinique de cette stratégie cardioprotectrice.
Le conditionnement ischémique à distance avec ischémie transitoire et reperfusion appliqué au bras a montré qu'il réduisait la taille de l'infarctus du myocarde chez des patients présentant un infarctus du myocarde avec élévation du segment ST (STEMI) bénéficiant d'une intervention coronarienne percutanée primaire (PPCI). Nous avons étudié si le conditionnement ischémique à distance pouvait réduire l'incidence des décès cardiaques et des hospitalisations pour insuffisance cardiaque à 12 mois.
Nous avons réalisé un essai contrôlé randomisé international, à l'initiative des investigateurs, prospectif, en simple aveugle (CONDI-2/ERIC-PPCI) dans 33 centres au Royaume-Uni, au Danemark, en Espagne et en Serbie. Les patients (âgés de plus de 18 ans) suspectés de STEMI et éligibles à la PPCI ont été répartis aléatoirement (1:1, stratifiés par centre selon une méthode de blocs permutés) pour recevoir soit un traitement standard (incluant une intervention simulée de conditionnement ischémique à distance uniquement sur les sites du Royaume-Uni), soit un traitement de conditionnement ischémique à distance (ischémie et reperfusion intermittentes appliquées au bras à travers quatre cycles de gonflage de 5 minutes et de dégonflage de 5 minutes d'un dispositif de brassard automatisé) avant la PPCI. Les investigateurs responsables du recueil des données et de l'évaluation des critères étaient en aveugle vis-à-vis de l'attribution du traitement. Le critère de jugement combiné principal était le décès cardiaque ou l'hospitalisation pour insuffisance cardiaque à 12 mois dans la population en intention de traiter. Cet essai est enregistré auprès de ClinicalTrials.gov (NCT02342522) et est terminé.
Entre le 6 novembre 2013 et le 31 mars 2018, 5401 patients ont été répartis aléatoirement vers le groupe témoin (n=2701) ou le groupe de conditionnement ischémique à distance (n=2700). Après exclusion des patients à leur arrivée à l'hôpital ou pour perte de vue au suivi, 2569 patients du groupe témoin et 2546 du groupe d'intervention ont été inclus dans l'analyse en intention de traiter. À 12 mois après la PPCI, les fréquences estimées par Kaplan-Meier de décès cardiaque ou d'hospitalisation pour insuffisance cardiaque (le critère de jugement principal) étaient de 220 (8,6 %) patients dans le groupe témoin et 239 (9,4 %) dans le groupe de conditionnement ischémique à distance (rapport des risques instantanés 1,10 [IC à 95 % 0,91-1,32], p=0,32 pour intervention versus témoin). Aucun événement indésirable inattendu important ni effet secondaire du conditionnement ischémique à distance n'a été observé.
Le conditionnement ischémique à distance n'améliore pas les critères cliniques (décès cardiaque ou hospitalisation pour insuffisance cardiaque) à 12 mois chez des patients atteints de STEMI bénéficiant d'une PPCI.