Une analyse post hoc de l'essai CREDENCE a montré que la canagliflozine maintient une efficacité et une sécurité constantes à différents niveaux de polyprescription chez les patients atteints de diabète de type 2 et de maladie rénale chronique (MRC). Bien que les réductions relatives du risque pour les critères de jugement rénaux et cardiovasculaires soient similaires, indépendamment de la charge médicamenteuse, les réductions absolues du risque sont sensiblement plus importantes chez les patients prenant cinq médicaments concomitants ou plus en raison de leur risque de base plus élevé. Ces résultats indiquent que la polyprescription à elle seule ne devrait pas dissuader les cliniciens de prescrire des inhibiteurs du SGLT2 lorsqu'ils sont indiqués sur le plan clinique pour la MRC.
La polymédication dans la maladie rénale chronique (MRC) est importante. Les cliniciens et les patients sont souvent réticents à ajouter des médicaments à des schémas thérapeutiques déjà complexes, en partie en raison de préoccupations concernant l'efficacité décroissante et l'augmentation des effets indésirables. Nous avons évalué si l'efficacité et la sécurité d'emploi de la canagliflozine sont modifiées par le statut de polymédication chez les patients atteints de diabète de type 2 et de MRC.
Nous avons réalisé une analyse post hoc de l'essai CREDENCE, qui évaluait les effets de la canagliflozine sur les résultats cliniques chez les patients atteints de diabète de type 2 et de MRC. Les participants ont été classés en trois catégories : absence de polymédication (0 à 4 médicaments), polymédication (5 à 9 médicaments) ou hyperpolymédication (≥ 10 médicaments). Nous avons évalué les effets relatifs de la canagliflozine sur les résultats cliniques et de sécurité en fonction du statut de polymédication à l'aide de modèles de risques proportionnels de Cox. Nous avons évalué les bénéfices absolus à l'aide d'une régression de Poisson. Le critère de jugement principal était un critère composite incluant le doublement de la créatinine sérique, l'insuffisance rénale ou le décès d'origine cardiovasculaire ou rénale.
Parmi les 4401 participants, 612 (14 %), 2404 (55 %) et 1385 (31 %) ont été classés respectivement dans les catégories absence de polymédication, polymédication et hyperpolymédication. Le nombre moyen de médicaments était de 8,3 (écart-type 3,77). L'effet de la canagliflozine sur les résultats rénaux et cardiovasculaires était cohérent, indépendamment du statut de polymédication, sans interaction observée pour les critères de sécurité (tous les P d'interaction > 0,06). Les taux d'arrêt du traitement augmentaient avec la charge médicamenteuse, mais étaient plus faibles avec la canagliflozine qu'avec le placebo, quel que soit le statut de polymédication (P d'interaction = 0,16). L'incidence des hospitalisations pour toute cause et des hospitalisations pour insuffisance cardiaque ou du décès cardiovasculaire augmentait avec une charge médicamenteuse plus élevée, de sorte que les réductions absolues du risque ont été estimées comme étant substantiellement plus importantes chez les patients présentant une polymédication ou une hyperpolymédication.
Chez les patients atteints de diabète de type 2 et de MRC, l'efficacité et la sécurité d'emploi de la canagliflozine semblent cohérentes, indépendamment du statut de polymédication, avec des réductions absolues estimées plus importantes des hospitalisations et des événements cardiovasculaires chez ceux présentant une polymédication ou une hyperpolymédication. Ces résultats suggèrent que la polymédication seule ne devrait pas empêcher de considérer un traitement par inhibiteur du SGLT2 chez les patients atteints de MRC et de diabète de type 2 pour lesquels ce traitement est par ailleurs indiqué.