L'essai ARTESIA a montré que l'apixaban réduisait de 37 % le risque d'AVC et d'embolie systémique par rapport à l'aspirine chez les patients présentant une fibrillation auriculaire infraclinique détectée par des dispositifs cardiaques implantés, mais au prix d'une augmentation des hémorragies majeures. Ces résultats soutiennent des décisions d'anticoagulation individualisées fondées sur les facteurs de risque d'AVC chez les patients présentant une FA détectée par dispositif.
La fibrillation auriculaire infraclinique est de courte durée et asymptomatique, et ne peut généralement être détectée que par une surveillance continue à long terme au moyen de stimulateurs cardiaques ou de défibrillateurs. La fibrillation auriculaire infraclinique est associée à un risque d'AVC multiplié par 2,5 ; cependant, le bénéfice d'un traitement par anticoagulation orale est incertain.
Nous avons mené un essai portant sur des patients présentant une fibrillation auriculaire infraclinique d'une durée de 6 minutes à 24 heures. Les patients ont été assignés de façon aléatoire selon un schéma en double aveugle, double placebo, à recevoir de l'apixaban à une dose de 5 mg deux fois par jour (2,5 mg deux fois par jour si indiqué) ou de l'aspirine à une dose de 81 mg par jour. Le traitement à l'étude a été interrompu et l'anticoagulation instaurée en cas de fibrillation auriculaire infraclinique de plus de 24 heures ou de fibrillation auriculaire clinique. Le critère de jugement principal d'efficacité, AVC ou embolie systémique, a été évalué dans la population en intention de traiter (tous les patients ayant été randomisés) ; le critère de jugement principal de tolérance, hémorragie majeure, a été évalué dans la population sous traitement (tous les patients ayant été randomisés et ayant reçu au moins une dose du médicament à l'étude assigné, avec un suivi censuré 5 jours après l'arrêt définitif du traitement à l'étude pour quelque raison que ce soit).
Nous avons inclus 4012 patients d'un âge moyen (±ET) de 76,8±7,6 ans et d'un score CHA2DS2-VASc moyen de 3,9±1,1 (les scores vont de 0 à 9, les scores plus élevés indiquant un risque d'AVC plus élevé) ; 36,1 % des patients étaient des femmes. Après un suivi moyen de 3,5±1,8 ans, un AVC ou une embolie systémique est survenu chez 55 patients du groupe apixaban (0,78 % par patient-année) et chez 86 patients du groupe aspirine (1,24 % par patient-année) (rapport des risques instantanés, 0,63 ; intervalle de confiance [IC] à 95 %, 0,45 à 0,88 ; p=0,007). Dans la population sous traitement, le taux d'hémorragie majeure était de 1,71 % par patient-année dans le groupe apixaban et de 0,94 % par patient-année dans le groupe aspirine (rapport des risques instantanés, 1,80 ; IC à 95 %, 1,26 à 2,57 ; p=0,001). Une hémorragie mortelle est survenue chez 5 patients du groupe apixaban et 8 patients du groupe aspirine.
Chez les patients atteints de fibrillation auriculaire infraclinique, l'apixaban a entraîné un risque plus faible d'AVC ou d'embolie systémique que l'aspirine, mais un risque plus élevé d'hémorragie majeure. (Financé par les Canadian Institutes of Health Research et d'autres organismes ; numéro ClinicalTrials.gov de ARTESIA, NCT01938248.)