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2 sept. 2025

Le dépistage à distance de la fibrillation auriculaire en médecine de premier recours au moyen d'un patch ECG montre des bénéfices modestes

Perspective de la médecine de premier recours sur AMALFI : surveillance active de la fibrillation auriculaire

Dr Nicholas Jones - NIHR Clinical Lecturer in General Practice, University of Oxford, United Kingdon - ESC congress 2025, Madrid - Hotline session 4

Découvrez les perspectives de la médecine de premier recours sur l'essai AMALFI, contrôlé, randomisé, en groupes parallèles, non en aveugle et à l'initiative des investigateurs ; les personnes éligibles ont été identifiées dans 27 cabinets de médecine de premier recours au Royaume-Uni au moyen de recherches automatisées dans les dossiers médicaux électroniques

Pour expliquer la justification, la responsable de l'essai AMALFI, la professeure Louise Bowman, d'Oxford Population Health, Royaume-Uni, a déclaré : « La FA est associée à un risque accru d'AVC, mais elle peut être difficile à détecter car elle survient souvent sans symptômes et/ou peu fréquemment. Le dépistage de la FA a été proposé comme moyen de prévenir les AVC, mais de nombreux épisodes de FA asymptomatique, courts ou peu fréquents, peuvent passer inaperçus. L'avènement de nouvelles technologies de surveillance a permis un dépistage de plus longue durée. L'essai AMALFI a été conçu pour évaluer l'efficacité à long terme du dépistage à distance de la FA asymptomatique chez les personnes âgées présentant un risque accru d'AVC, à l'aide d'un patch de surveillance ECG continue de 14 jours.

Dans l'essai AMALFI, contrôlé, randomisé, en groupes parallèles, non en aveugle et à l'initiative des investigateurs, les personnes éligibles ont été identifiées dans 27 cabinets de médecine de premier recours au Royaume-Uni au moyen de recherches automatisées dans les dossiers médicaux électroniques. Les participants étaient âgés de ≥65 ans avec un score de risque d'AVC CHA2DS2VASc ≥3 pour les hommes ou ≥4 pour les femmes. Le principal critère d'exclusion était un diagnostic antérieur de FA ou de flutter auriculaire.

Les participants ont été randomisés selon un ratio 1:1, soit pour recevoir et retourner par courrier postal un moniteur patch ECG, soit pour recevoir les soins habituels (contrôle). Le critère principal était la proportion de participants présentant une FA dans les dossiers de médecine de premier recours dans les 2,5 ans suivant la randomisation, analysée selon une approche en intention de traiter.

Au total, 5 040 personnes ont été randomisées. À l'inclusion, les participants avaient un âge moyen de 78 ans, 47 % étaient des femmes, et 19 % avaient déjà subi un AVC ou un accident ischémique transitoire.

Principaux résultats

Une augmentation modeste du diagnostic de FA a été observée à 2,5 ans avec le patch ECG. Un dossier de médecine de premier recours post-randomisation faisant état d'une FA était présent chez 6,8 % des personnes du groupe d'intervention et 5,4 % du groupe témoin (rapport des proportions 1,26 ; intervalle de confiance [IC] à 95 % 1,02 à 1,57 ; p=0,03). La charge de FA détectée par le patch était distribuée de manière bimodale, 33 % des cas présentant une charge de 100 % (l'ensemble de la période de surveillance passée en FA), tandis que 55 % présentaient une charge de FA <10 %. À 2,5 ans, l'exposition moyenne à l'anticoagulation orale était de 1,63 mois dans le groupe d'intervention et de 1,14 mois dans le groupe témoin (différence de 0,50 mois ; IC à 95 % 0,24 à 0,75 ; p<0,0001). Un AVC est survenu chez 2,7 % des participants du groupe d'intervention et 2,5 % du groupe témoin (rapport de taux d'événements 1,08 ; IC à 95 % 0,76 à 1,53)

Conclusion

Commentaire éditorial

L'investigateur d'AMALFI, le docteur Rohan Wijesurendra, d'Oxford Population Health, a conclu : « Notre essai montre que le dépistage à distance de la FA au moyen d'un moniteur patch ECG chez des patients âgés à risque d'AVC modéré à élevé entraîne une augmentation modeste du diagnostic de FA et de l'exposition à l'anticoagulation. Cependant, le diagnostic de FA non lié au patch est survenu plus fréquemment que prévu, et plus de la moitié de la charge de FA détectée par le patch était faible (inférieure à 10 %). Cela suggère que le dépistage de la FA dans ce contexte pourrait avoir un impact limité sur les événements d'AVC ; des analyses à plus long terme et de rapport coût-efficacité d'AMALFI sont prévues et fourniront davantage d'informations en temps voulu. »