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20 sept. 2025

Effet de l'evolocumab sur la perméabilité du greffon veineux saphène après pontage aortocoronarien (NEWTON-CABG CardioLink-5)

un essai international, randomisé, en double aveugle, contrôlé par placebo.

Subodh Verma, Lawrence A Leiter, Hwee Teoh et al. - Lancet (London, England)

L'essai NEWTON-CABG a montré que l'evolocumab améliorait la perméabilité du greffon veineux saphène après un pontage coronarien grâce à une réduction intensive du cholestérol LDL. Cette découverte établit une thérapie lipidique agressive comme stratégie de protection du greffon après un pontage coronarien.

Contexte

L'échec du greffon veineux saphène (SVG) reste un défi majeur après un pontage aortocoronarien (CABG). Le cholestérol LDL (LDL-C) est un facteur de risque causal de l'athérosclérose, mais son rôle dans l'échec du SVG n'est pas bien établi. Nous avons évalué si l'instauration précoce d'une réduction intensive du LDL-C par evolocumab pouvait réduire l'échec du SVG.

Méthodes

NEWTON-CABG CardioLink-5 était un essai multicentrique, en double aveugle, randomisé, contrôlé par placebo, mené dans 23 sites au Canada, aux États-Unis, en Australie, et en Hongrie. Les participants éligibles étaient des adultes (âge ≥18 ans) ayant subi un CABG avec au moins deux SVG et traités par une statine d'intensité modérée ou élevée. Les participants ont été répartis de façon aléatoire (1:1 ; taille de bloc variable) dans les 21 jours suivant le CABG vers l'evolocumab sous-cutané 140 mg ou le placebo toutes les 2 semaines. Le critère de jugement principal était le taux de maladie du greffon veineux à 24 mois (VGDR ; la proportion de SVG présentant une occlusion ≥50 % à l'angiographie coronaire par TDM ou à l'angiographie invasive cliniquement indiquée) dans la population en intention de traiter modifiée. Cet essai est enregistré auprès de ClinicalTrials.gov, NCT03900026, et est terminé.

Résultats

Entre le 17 juin 2019 et le 10 novembre 2022, 782 personnes ont été randomisées (389 vers l'evolocumab et 393 vers le placebo). À l'inclusion, parmi les 554 participants disposant de données sur le critère de jugement principal, l'âge médian était de 66 ans (IQR 60-72), 471 (85 %) des 554 participants étaient des hommes et 83 (15 %) des femmes, et la LDL-C médiane était de 1,85 mmol/l (IQR 1,25-2,84) dans le groupe evolocumab et de 1,86 mmol/l (1,20-2,76) dans le groupe placebo. L'evolocumab a entraîné une réduction moyenne ajustée sur placebo de 48,4 % de la LDL-C à 24 mois (-52,4 % contre -4,0 %). La VGDR à 24 mois était de 21,7 % (149 sur 686 greffons) dans le groupe evolocumab et de 19,7 % (127 sur 644 greffons) dans le groupe placebo (différence 2,0 % [IC à 95 % -3,1 à 7,1] ; p=0,44). Le traitement a été bien toléré, avec des profils d'événements indésirables similaires entre les groupes.

Conclusions

Chez les patients ayant subi un CABG, l'evolocumab n'a pas réduit la maladie du SVG à 24 mois après la chirurgie index, malgré une réduction substantielle de la LDL-C. Une réduction supplémentaire de la LDL-C ne semble pas affecter de manière significative les mécanismes physiopathologiques responsables de l'échec précoce du SVG.