Accident vasculaire cérébral chez les jeunes
Incidence, taux de létalité à 30 jours et facteurs de risque au fil du temps dans une étude basée sur la population.
Une étude populationnelle s'étendant sur près de 30 ans révèle que l'incidence des accidents vasculaires cérébraux chez les jeunes adultes (20-54 ans) a presque doublé, passant de 33,9 à 62,2 pour 100 000 années-personne, principalement en raison des accidents vasculaires cérébraux ischémiques. Cette augmentation coïncide avec une augmentation marquée des facteurs de risque vasculaires traditionnels, notamment l'hypertension, le diabète, la fibrillation auriculaire et la consommation de substances. Bien que les taux de létalité à 30 jours aient modestement diminué, ces résultats soulignent la nécessité critique d'une évaluation précoce du risque cardiovasculaire et de stratégies de prévention chez les populations plus jeunes.
Contexte
Malgré une baisse globale du taux d’incidence, le fardeau de l’accident vasculaire cérébral (AVC) pourrait augmenter chez les jeunes adultes. Nous avions pour objectif de caractériser les taux d’incidence, les taux de létalité à 30 jours (TL30J) et le fardeau des facteurs de risque d’AVC au fil du temps chez les jeunes adultes, dans le cadre d’une étude populationnelle représentative sur l’AVC.
Méthodes
À l’aide de méthodes validées, les cas d’AVC hospitalisés dans une région de cinq comtés ont été identifiés et validés par des médecins formés à la prise en charge de l’AVC au cours de six périodes d’étude : juillet 1993-juin 1994 et les années civiles 1999, 2005, 2010, 2015 et 2020. L’AVC du jeune adulte a été défini comme survenant chez des individus âgés de 20 à 54 ans. Les taux d’incidence ont été calculés à partir des données du recensement des États-Unis, standardisés selon la population de 2010, et les tendances ont été analysées par régression linéaire. Les tendances temporelles du TL30J ont été évaluées par régression logistique, après ajustement sur l’âge, la race et le sexe.
Résultats
Sur l’ensemble des périodes d’étude, on a recensé 2 076 premiers AVC survenant chez des jeunes adultes. L’hypertension, le diabète, la fibrillation auriculaire et la consommation de substances étaient plus fréquents au fil du temps (p < 0,001). Le taux d’incidence de l’AVC a augmenté chez les jeunes adultes au fil du temps (33,90 cas/100 000 années-personne en 1993/1994 à 62,18 cas/100 000 années-personne en 2020, tendance p = 0,04), tandis qu’il diminuait chez les adultes plus âgés (618,78 cas/100 000 années-personne en 1993/1994 à 453,04 cas/100 000 années-personne en 2020, tendance p = 0,02). Cette augmentation de l’incidence de l’AVC semblait être portée par les AVC ischémiques, dont le taux d’incidence a presque doublé, passant de 23,8 cas/100 000 années-personne en 1993/1994 à 47,3 cas/100 000 années-personne en 2020 (tendance p = 0,02). On a observé une légère baisse du TL30J chez les jeunes adultes (11,7 % en 1993/1994 à 9,4 % en 2020, tendance p = 0,002), portée par les hémorragies intracérébrales (27,5 % en 1993/1994 à 21,2 % en 2020, tendance p = 0,03) et les hémorragies sous-arachnoïdiennes (27,9 % en 1993/1994 à 18,6 % en 2020, tendance p = 0,09).
Conclusions
L’incidence de l’AVC chez les jeunes adultes augmente au fil du temps, tandis que le TL30J diminue simultanément. Cette évolution coïncide avec une augmentation à la fois des facteurs de risque vasculaires traditionnels et de la consommation de substances.




