STREAM
l'arrêt des statines chez les adultes multimorbides âgés de 70 ans et plus sans maladie cardiovasculaire respecte la marge de non-infériorité, mais entraîne 38 % de décès, d'infarctus et d'accidents vasculaires cérébraux en plus
Présenté lors de la session LBS.03 à la réunion annuelle de l'American Heart Association (AHA) 2026 (samedi 7 novembre) et publié simultanément dans le New England Journal of Medicine (NEJM). L'essai STREAM a randomisé 1 880 adultes âgés de 70 ans ou plus (âge moyen 77,5 ans, 46,9 % de femmes, 32,1 % de diabète, 53,5 % recrutés par des médecins généralistes) qui prenaient une statine pour la prévention primaire depuis au moins un an, présentaient au moins deux affections chroniques et ne souffraient pas de maladie cardiovasculaire athérosclérotique, dans 24 centres en Suisse, aux Pays-Bas (LUMC, Leiden) et en France entre novembre 2021 et avril 2025, afin de comparer l'arrêt (938 patients) ou la poursuite (942 patients) du traitement hypolipémiant. Il s'agissait d'une étude en ouvert avec évaluation aveugle des critères de jugement. Critère de jugement principal : infarctus du myocarde non fatal, accident vasculaire cérébral ischémique non fatal ou décès pour toute cause, analysé selon le temps moyen restreint sans événement à 2 ans : 96,5 semaines versus 98,5 semaines, différence de moins 2,0 semaines (intervalle de confiance à 95 % de moins 3,7 à moins 0,3), dans la marge prédéfinie de moins 5,2 semaines, P inférieur à 0,001 pour la non-infériorité. Sur l'ensemble du suivi (médiane de 103 semaines, jusqu'à 4 ans), le critère de jugement principal est survenu chez 12,7 % (119 patients) dans le groupe arrêt versus 9,2 % (87 patients) dans le groupe poursuite, hazard ratio (HR) 1,38 (1,05 à 1,81) : infarctus du myocarde 1,4 % versus 0,6 %, accident vasculaire cérébral ischémique 1,9 % versus 0,8 %, décès 8,2 % versus 6,9 % ; un événement supplémentaire pour 40 patients ayant arrêté le traitement sur 2 ans. Le cholestérol LDL à 12 mois dans un sous-échantillon de 235 patients : 176,0 versus 99,4 mg/dL. Aucune différence n'a été observée concernant la qualité de vie, la douleur, les chutes ou la sarcopénie ; les événements indésirables graves étaient de 43,0 % versus 39,8 %. Le croisement de traitement a concerné 131 versus 112 patients. À l'issue de l'essai, le comité de surveillance des données et de la sécurité (DSMB) a conseillé au groupe ayant arrêté le traitement d'envisager sa reprise. L'affirmation de non-infériorité repose sur une statistique que contredit le hazard ratio ; l'essai STAREE, mené dans la même tranche d'âge, a montré un bénéfice de la poursuite du traitement. La décision partagée est recommandée, et non un arrêt généralisé.
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