Étude de cohorte française prospective (NutriNet-Santé, 2009-2024) portant sur 112 395 participants (78,7 % de femmes ; âge moyen de 42,8 ans ; médiane du suivi de 7,9 ans). L'apport alimentaire a été évalué par des relevés alimentaires de 24 heures répétés (jusqu'à 96 par participant) ; l'exposition aux additifs alimentaires a été analysée à l'aide de plusieurs bases de données de composition et d'analyses en laboratoire. Les conservateurs non antioxydants totaux étaient associés à une augmentation de l'incidence de l'hypertension (n=5 544 ; HR des plus gros vs plus petits consommateurs 1,29 ; IC 95 % 1,20-1,39) et de la maladie cardiovasculaire (n=2 450 ; HR 1,16). Les conservateurs antioxydants étaient uniquement liés à l'hypertension (HR 1,22). Sur les 17 additifs examinés individuellement (consommés par au moins 10 % de la population), huit étaient associés à l'hypertension et un à la maladie cardiovasculaire après correction des tests multiples. Si ces résultats sont confirmés expérimentalement, ils appellent à une réévaluation de la réglementation sur les additifs alimentaires industriels.
Les apports alimentaires ont été évalués à l’aide de relevés alimentaires de 24 heures répétés (jusqu’à 96), incluant les marques commerciales. L’exposition aux additifs alimentaires a été évaluée grâce à plusieurs bases de données de composition et à des dosages en laboratoire ad hoc dans les matrices alimentaires. Les associations entre les expositions cumulatives dépendantes du temps aux additifs alimentaires conservateurs pendant le suivi et les issues de santé ont été caractérisées à l’aide de modèles de Cox multivariés.
Au total, 112 395 participants ont été inclus (78,7 % de femmes, âge moyen de 42,8 ± 14,7 ans) avec une médiane de suivi de 7,9 ans. La somme des conservateurs totaux comprenait 58 substances consommées par au moins un participant. Les conservateurs totaux non antioxydants étaient positivement associés à une incidence plus élevée d’hypertension [n = 5544 ; rapport de risque (HR) plus élevé chez les consommateurs par rapport aux non-consommateurs ou faibles consommateurs : 1,29, intervalle de confiance à 95 % (IC) 1,20-1,39] et de maladies cardiovasculaires (MCV) (n = 2450 ; HR 1,16, IC 95 % 1,04-1,29), tandis que les conservateurs totaux antioxydants étaient associés à une incidence plus élevée d’hypertension (HR 1,22, IC 95 % 1,13-1,31). Sur les 17 additifs alimentaires conservateurs individuels consommés par au moins 10 % de la population de l’étude, huit étaient associés à une incidence plus élevée d’hypertension et un à une incidence plus élevée de MCV, après correction pour les tests multiples.
Plusieurs associations entre l’exposition aux additifs alimentaires conservateurs largement utilisés dans les aliments industriels et une incidence plus élevée d’hypertension ou de MCV ont été observées dans cette grande cohorte prospective. Des recherches expérimentales sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents. Si ces nouvelles données sont confirmées, elles appellent à une réévaluation des réglementations régissant l’utilisation de ces additifs afin d’améliorer la protection des consommateurs.